L’énergie citoyenne peut-elle devenir un nouveau paradigme énergétique dans le contexte de la transition écologique en Suisse Romande?

Prof. Christian Arnsperger, Faculté des géosciences et de l’environnement

Partenaires : La Revue Durable, la Banque Alternative Suisse (BAS), les Chambres romandes de l’économie sociale et solidaire

Les nécessités de la transition énergétique invitent aujourd’hui à réfléchir à la gouvernance de l’énergie et à s'interroger sur la place plus importante que devraient éventuellement occuper les initiatives d’énergie citoyenne. Il s’agit d’initiatives issues de la société civile, visant à accélérer, depuis le bas, le passage des énergies non renouvelables et centralisées, nucléaire et fossiles, aux énergies renouvelables, décentralisées et indigènes, tout en instillant une forte culture d’économies d’énergie. Dans ce cadre, le modèle coopératif, qui permet aux citoyens de se réapproprier les processus de fabrication et de gestion d’un bien de manière collective, semble particulièrement pertinent. Il permet en effet d’articuler l'ancrage local, la participation citoyenne active aux décisions et la prise de conscience personnelle des implications de la transition énergétique en termes de modes de vie. Si les coopératives d’énergie se développent en Allemagne, au Danemark ou en France, ces initiatives restent encore relativement timides dans le contexte suisse.

Ce projet vise à dresser une typologie de ces organisations et leurs impacts environnementaux et sociaux, avant d’analyser les ressorts des motivations de ceux qui les organisent et de ceux qui les financent. Il s’agit également de mieux cerner les éventuelles particularités (institutionnelles, législatives, économiques et financières), mais aussi les risques possibles (concurrence, ressources limitées, effets-rebond, rentabilité atypique), qui pourraient ralentir l’émergence de coopératives d’énergie en Suisse.